La dictée métacognitive
Problèmes possibles en classe
La gestion de la prise de parole est un problème
qui peut survenir au secondaire. Soit
que les adolescents ne prennent pas l’exercice au sérieux, soit que les élèves
ne sont pas impliqués cognitivement dans l’activité.
Il importe de mettre les mécanismes de la
motivation de l’avant : présenter la difficulté grammaticale comme un
problème à résoudre. Ce problème doit
être un défi raisonnable, ce qui veut dire que les élèves ont quelques
connaissances pour réussir à trouver la solution. Pour ce faire, l’enseignant mettra en place
une mise en situation, dans laquelle il y a un problème de grammaire, qui
permettra du même coup aux élèves d’activer leurs connaissances antérieures.
Il serait faux de croire que les élèves réussiront
à être habiles oralement lors de la première séance de dictée
métacognitive. Il faut prévoir un temps
de pratique où des habiletés langagières seront enseignées.
Voici un schéma illustrant la séquence didactique
pour l’enseignement de l’oral :
Aussi, plus
l’activité de la dictée métacognitive sera mise en place, moins les élèves
auront besoin d’ateliers d’enseignement.
Un principe pédagogique
soutenu par Catherine Le Cunff est de demander aux élèves comment devrait se
dérouler une séance de dictée métacognitive avant même de faire
l’activité. En procédant de cette façon,
l’enseignant connait les représentations de ses élèves sur le fonctionnement,
l’objectif, les conduites attendues et les rôles respectifs de l’activité. Ainsi, cela permet de faire des réajustements
en cours d’activité et après l’activité, lors du retour sur le déroulement.
Selon
Dolz et Schneuwly, les élèves du secondaire (14 ans) devraient développer ces
habilités de base en communication et ce, même dans le contexte de la dictée
métacognitive puisqu’il s’agit d’un débat d’idées :
·
Hiérarchisation
d’arguments
·
Production
des arguments les plus percutants dans le contexte
·
Influence
de certaines marques langagières sur l’orientation (à
peine, même, presque, au moins, …)
Une
fois celles-ci en place, les autres habilités à enseigner sont le développement
et l’approfondissement des arguments, l’autorégulation des échanges, la
compréhension de la dynamique et l’écoute afin de bien réfuter.
Afin
de cibler les objets d’apprentissage, il serait intéressant de filmer une
session de dictée métacognitive et de la réécouter avec les élèves. L’intention d’écoute sera d’identifier ce qui
va et ce qui ne va pas dans la discussion.
Par exemple, on pourrait faire choisir comme habileté langagière
d’observer comment une idée est justifiée ou comment un argument est
approfondi. Ce moment appelé "lieux
de parole sur la parole" par Dolz et Schneuwly est essentiel à tous les
apprentissages en communication orale.
Sources :
DOLZ, Joaquim et SHNEUWLY, Bernard (1998). Pour un
enseignement de l’oral, ESF éditeur, Paris, 210 pages.
LE CUNFF, Catherine, (2009). Enseigner ce que parler veut dire, in La place des savoirs oraux
dans le contexte scolaire d’aujourd’hui, PUQ, Québec, p.199 è 222.
