mardi 19 août 2014

Grammaire et oralité


La dictée métacognitive

Problèmes possibles en classe

La gestion de la prise de parole est un problème qui peut survenir au secondaire.  Soit que les adolescents ne prennent pas l’exercice au sérieux, soit que les élèves ne sont pas impliqués cognitivement dans l’activité.

Il importe de mettre les mécanismes de la motivation de l’avant : présenter la difficulté grammaticale comme un problème à résoudre.  Ce problème doit être un défi raisonnable, ce qui veut dire que les élèves ont quelques connaissances pour réussir à trouver la solution.  Pour ce faire, l’enseignant mettra en place une mise en situation, dans laquelle il y a un problème de grammaire, qui permettra du même coup aux élèves d’activer leurs connaissances antérieures.

Il serait faux de croire que les élèves réussiront à être habiles oralement lors de la première séance de dictée métacognitive.  Il faut prévoir un temps de pratique où des habiletés langagières seront enseignées. 

Voici un schéma illustrant la séquence didactique pour l’enseignement de l’oral :




Aussi, plus l’activité de la dictée métacognitive sera mise en place, moins les élèves auront besoin d’ateliers d’enseignement.

Un principe pédagogique soutenu par Catherine Le Cunff est de demander aux élèves comment devrait se dérouler une séance de dictée métacognitive avant même de faire l’activité.  En procédant de cette façon, l’enseignant connait les représentations de ses élèves sur le fonctionnement, l’objectif, les conduites attendues et les rôles respectifs de l’activité.  Ainsi, cela permet de faire des réajustements en cours d’activité et après l’activité, lors du retour sur le déroulement. 

Selon Dolz et Schneuwly, les élèves du secondaire (14 ans) devraient développer ces habilités de base en communication et ce, même dans le contexte de la dictée métacognitive puisqu’il s’agit d’un débat d’idées :


·        Hiérarchisation d’arguments

·        Production des arguments les plus percutants dans le contexte

·        Influence de certaines marques langagières sur l’orientation (à peine, même, presque, au moins, …)

Une fois celles-ci en place, les autres habilités à enseigner sont le développement et l’approfondissement des arguments, l’autorégulation des échanges, la compréhension de la dynamique et l’écoute afin de bien réfuter.

Afin de cibler les objets d’apprentissage, il serait intéressant de filmer une session de dictée métacognitive et de la réécouter avec les élèves.  L’intention d’écoute sera d’identifier ce qui va et ce qui ne va pas dans la discussion.  Par exemple, on pourrait faire choisir comme habileté langagière d’observer comment une idée est justifiée ou comment un argument est approfondi.  Ce moment appelé "lieux de parole sur la parole" par Dolz et Schneuwly est essentiel à tous les apprentissages en communication orale.

Sources :

DOLZ, Joaquim et SHNEUWLY, Bernard (1998).  Pour un enseignement de l’oral, ESF éditeur, Paris, 210 pages.

LE CUNFF, Catherine, (2009). Enseigner ce que parler veut dire, in La place des savoirs oraux dans le contexte scolaire d’aujourd’hui, PUQ, Québec, p.199 è 222.