vendredi 9 novembre 2012

Les critères d'évaluation en lecture


Le programme de formation du MELS prescrit, autant pour le primaire que pour le secondaire,  l’évaluation de la compétence à lire des textes variés par cinq critères d’évaluation.  Ces critères s’imbriquent et permettent de dépasser la simple opération du repérage d’informations dans un texte.  Sur ces cinq critères, quatre sont à considérer au moment d’inscrire un résultat au bulletin.  Le cinquième, le recours à une démarche et à des stratégies appropriées, fait l’objet d’une rétroaction à l’élève sans être considéré dans le résultat inscrit au bulletin.

L’enseignant a l’obligation de rendre compte sur le bulletin des quatre critères suivants : la compréhension, l’interprétation, la réaction et le jugement critique aussi appelé appréciation.


Voici un schéma qui représente la logique des cinq critères d’évaluation :



En quelques mots …


COMPRENDRE : C’est le respect des droits du texte, c’est « accéder le plus fidèlement possible au sens proposé par le texte explicitement ou implicitement ».  Avec une question de compréhension, une réponse commune et unique est attendue de l’élève.

Exemples de questions de compréhension :

  • ·         Donnez les caractéristiques physiques du personnage principal.
  • ·         Résumez le texte.
  • ·         Si vous aviez à donner un titre au texte, quel serait-il ?
  • ·         Identifiez les marqueurs de relation utilisés dans ce paragraphe.


INTERPRÉTER: C’est l’équilibre entre le droit du texte et le droit du lecteur, c’est « trouver une résonnance au texte en respectant les exigences de plausibilité afin que le sens attribué soit recevable. »  On comprend donc que la justification appuyée sur les éléments du texte est très importante dans le cas des questions d'interprétation.

Exemples de questions d’interprétation :

  • ·         Croyez-vous qu’un tel évènement pourrait se produire au Québec ?  Expliquez votre réponse.
  • ·         Quelle était l’intention de l’auteur en écrivant ce texte ?
  • ·         Écrivez une fin selon le point de vue de tel personnage.
  • ·         Quelle serait la leçon à tirer de ce texte ?


RÉAGIR : C’est le droit du lecteur, c’est le rapport personnel du lecteur avec le texte.  L’élève doit s’appuyer sur ses repères culturels pour fonder sa réaction.  Il est question d’un jugement de gout.

Exemples de questions de réaction :

  • ·         Comment le personnage se sent-il dans tel évènement ?  Expliquez.
  • ·         Qu’auriez-vous fait à la place du personnage.
  • ·         Quelle partie de l’histoire allez-vous vous souvenir le plus longtemps ? Expliquez.
  • ·         Lorsque vous avez lu telle phrase, quelle a été votre réaction ?  Justifiez votre réponse.


APPRÉCIER : C’est la distance du lecteur par rapport au texte pour l’observer.  C’est porter un jugement critique en comparant et en utilisant des critères sur différents aspects du texte.  L’élève doit s’appuyer sur ses repères culturels pour fonder son jugement.  Il s’agit d’un jugement esthétique.

Exemples de questions demandant un jugement critique :

  • ·         Qu’est-ce qui fait que ce texte est difficile à comprendre ?
  • ·         Comment l’auteur a-t-il réussi à rendre le personnage principal attachant ?
  • ·         Pourquoi recommanderiez-vous ou non ce texte à un ami ?
  • ·         Qu’est-ce qui te permet de croire que cette histoire/information est vraie ?



Au moment d’enseigner aux élèves comment répondre aux différents types de questions, « l’enseignant doit proposer des tâches qui les placent fréquemment en situation d’interagir avec leurs pairs. »  En effet, c’est en confrontant leurs idées que les élèves réussiront à bien justifier une interprétation, une réaction et une appréciation.  Pour développer la compétence à lire des textes variés, il est nécessaire de prévoir des temps de discussion, en grand groupe ou en petits groupes, autour des œuvres choisies.  Différents points de vue et idées sont alors mis au centre de la discussion et sont acceptés ou rejetés.  La clé est dans la justification. 

Pour faciliter des discussions et pour enseigner comment celle-ci doit se dérouler, il est certain que les textes proposant de fortes réactions auprès des élèves sont ceux à favoriser.  Ainsi, l’explication, la justification, la description et même l’argumentation auront une place de choix pour se développer.

Selon moi, le critère qui est le plus difficile à évaluer est le critère de la réaction parce que l’évaluation des effets d’un texte sur un lecteur peut être discutable.  Aussi, plusieurs justifications sont possibles.  Quel est alors le cadre qui confirme que telle réponse est justification satisfaisante et telle autre, non ?  Il faut absolument être au clair avec le type de réponses attendues au moment de composer une question de réaction.


Sources :

MELS (2012), Direction de l’évaluation, français, langue d’enseignement, L’évaluation de la lecture littéraire au secondaire.

F.Carle, C.Mercier et L.Lafrenière (2010), Pour développer la compétence à lire au secondaire …